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Le voleur de thé : Robert Fortune

Dans les années 1840, la Chine est l’unique producteur de thé au monde, malgré les tentatives de concurrence des plantations de qualité médiocre de l’Assam au nord-est de l’Inde. L’Angleterre voulant assurer son autoproduction de thé, demande alors au botaniste Robert Fortune d’aller percer le mystère du précieux breuvage. Sa mission est claire : tout faire pour s’approprier des plants de thé Chinois et les transplanter sur les contreforts de l’Himalaya.    

 

Mission Impossible ?

Le contexte avec la Chine est hostile : Elle interdit toute entrée à un européen. Si Robert Fortune se fait repérer, c’est la peine de mort assurée ! Déguisé en mandarin, parlant parfaitement le Chinois, maîtrisant les us et coutumes, Robert Fortune voyage incognito. Patiemment, il accumule les informations et perce les secrets jalousement gardés du savoir-faire vieux de 5000 ans. Il détermine quel climat et quel sol favorisent un bon thé, il comprend l’importance de l’eau pour l’infusion, il découvre (enfin !) ce qui fait virer les feuilles de thé vert en thé noir (il s’agit simplement du traitement opéré sur les feuilles : la fermentation).  

 

Un héros oublié

Il fait parvenir en Inde des graines de thé qu’il répartit sur 3 bateaux afin de minimiser les risques de perte. Peine perdue ! Il apprend après quelques mois que les graines ont pourri durant le voyage. Il se résout alors à transplanter de petits théiers dans des mini serres, il débauche aussi des manufacturiers Chinois, seuls capables de transmettre leur savoir-faire aux cultivateurs Indiens. Le 16 Mars 1851 Robert Fortune et ses ouvriers arrivent à Calcutta à bord de véritables « jardins flottants » contenant plus de 20.000 plants qui seront plantés dans le Darjeeling. Pionnier de la culture du thé à grande échelle, Robert Fortune est pourtant tombé dans les oubliettes de l’Histoire. La couronne ne lui décernera jamais un quelconque honneur, même à titre posthume.